mercredi 6 mai 2020

Mercredi 6 mai. Cinquante et unième jour.

Ce matin. Mon cadeau.

Putain, ça penche
Pourquoi met-on du chatterton autour des hamsters…

Je ne sais plus ce que j’ai envie de prendre en photo.
Jno me suggère des lieux. Je lui réponds, on ne prend pas en photo des sujets, on prend en photo des idées. Et j’étais super contente d’avoir sorti ce grand principe, c’était sorti tout seul, à la limite de la mauvaise humeur.
C’est vrai aussi en peinture, on ne peint que des idées
Mais avec des idées pareilles, c’est certain que je ne me fais pas d’amis …

Je suis toujours hantée par le manque d’élastique. Je n’ai presque plus rien, j’ai passé toute la grosse poignée apportée par les voisins du bout la rue. Ce matin, je suis retournée sur le net pour trouver un fournisseur en France car mes commandes chinoises sont trop incertaines. J’ai trouvé un prix et un délai correct alors j’ai commandé un gros rouleau en me disant que si jamais les Chinois me livraient, je trouverais des acheteurs pour le revendre sur Le Bon Coin.
Et je me suis dit que j’allais continuer à coudre mes masques jusqu’à l’étape élastique et que quand je recevrai la première commande qui arrivera jusqu’à moi, la dernière étape de couture pour finaliser les masques, sera rapide.

J’étais dans toutes ces réflexions assez primaires quand une amie de Paris me dit, pourquoi tu ne prends pas des élastiques à sauter pour les enfants ? Et elle m’indique le site où il y en a.
Je regarde et je vois qu’il faut les commander par la poste, on ne peut plus aller les retirer en magasin, et je calcule que ça va faire cher par rapport à la cagnotte que j’ai constituée avec la participation de mes clients.
Je suis en train d’hésiter, de recalculer le prix au mètre, de regarder les délais de livraison quand je reçois un message qui m’annonce que ma commande d’élastique  pour enfants va être livrée au 15bis rue de la ville.
Que dire ?
Comment dire merci à ce point où les mots ne veulent plus rien dire ?
Je repose mon téléphone et il vibre de nouveau.
Ce sont les voisins du bout de la rue qui m’avertissent, on part à Mondial tissus à Montauban, on va vous chercher de l’élastique.
Que dire ?
Comment dire le mot qui dit vraiment merci sans pleurer ?

Je n’ai même plus pensé à mon colis reçu ce matin. Une commande de matériel de beaux-arts, un grand carton que le livreur nous a jeté dessus quand on lui a ouvert la porte.
Jno me dit qu’il a dû se dire, merde des vieux, je ne m’approche pas, je leur lance le colis.
Il y avait à l’intérieur, du matériel d’encadrement et un assortiment de jolis couteaux à peindre.
Quinze jours que je les attendais, ils avaient un goût de cadeau.

Bashung dans les oreilles.

Ma petite entreprise
Ma locomotive
Avance au mépris des sémaphores
Me tire du néant
Qu'importe
L'amour importe
Qu'importe
L'amour s'exporte
Qu'importe
Le porte à porte
En Crimée
Au sud de la Birmanie
Les lobbies en Libye
Au Laos
L'Asie coule à mes oreilles

Putain, ça penche
L’Asie coule à mes oreilles

On est aujourd’hui.
On va aller à demain.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Dimanche 10 mai. Cinquante cinquième jour.

Aujourd'hui. 15h46 Putain, ça penche C’est mon dernier billet. C’est le dernier, le cinquante-cinquième. Je savais que j’...