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| Ce matin. En ouvrant les volets, l'avancée de toit sous la fenêtre du voisin de l'impasse. |
Putain, ça penche.
Il fallait bien qu’il y ait un jour où ce serait un coup de moins bien et c’est aujourd’hui, ce coup de blues qui nous fait peur car on sait qu’on ne saura pas aller contre et comment lui dire que ce n’est vraiment pas le moment. Alors il faut faire avec et gérer ses angoisses et ses coups de moins bien en sentant que l’environnement virtuel est aussi en train de de s’assoupir un peu, de se mettre en veille comme s’il n’y avait plus grand chose à se raconter et que les blagues tournent en rond comme les messages anxiogènes qu’on n’a plus envie de lire.
Il fallait bien qu’il y ait un jour où ce serait un coup de moins bien et c’est aujourd’hui, ce coup de blues qui nous fait peur car on sait qu’on ne saura pas aller contre et comment lui dire que ce n’est vraiment pas le moment. Alors il faut faire avec et gérer ses angoisses et ses coups de moins bien en sentant que l’environnement virtuel est aussi en train de de s’assoupir un peu, de se mettre en veille comme s’il n’y avait plus grand chose à se raconter et que les blagues tournent en rond comme les messages anxiogènes qu’on n’a plus envie de lire.
Je suis fatiguée de m’observer, d’être attentive à chaque éternuement, à chaque pique dans ma gorge, je suis fatiguée de passer mon temps à me rassurer.
Je suis comme tout le monde, pas plus courageuse et pas plus certaine de l’avenir que les millions de gens qui attendent que ça passe, que ça reparte, que ça nous quitte.
Ce matin, je pensais aux liens que nous avons avec les autres et qui ne se cassent jamais même si ils ont été abimés et qu’on aurait pu croire qu’ils n’existaient plus.
Et j’en parlais avec Martine qui me disait combien ces liens étaient importants et qu’ils ne se rompaient jamais et que c’était précisément ce qui nous faisait tant souffrir, « on les active, les rendons conscients, les enrichissons, les mettons en sommeil, les aimons, les haïssons… mais ils sont là. »
Et j’en parlais avec Martine qui me disait combien ces liens étaient importants et qu’ils ne se rompaient jamais et que c’était précisément ce qui nous faisait tant souffrir, « on les active, les rendons conscients, les enrichissons, les mettons en sommeil, les aimons, les haïssons… mais ils sont là. »
C’est tout le temps comme ça, mais en ce moment on a le temps d’y penser et en tirant sur les liens, on réveille les sentiments.
Jno dit à Félicie que même si elle n’avait pas un programme scolaire parfait, elle pouvait apprendre en ne faisant rien et que ses réflexions sur le confinement seraient comme un immense cours de philo. Félicie a eu un silence et Jno lui a dit qu’il suffisait de réfléchir à tout ce qu’elle vivait en ce moment et de s’en souvenir pour ses cours de philo en terminale et que tout lui semblera limpide car elle aura déjà compris bien plus que tout ce que le prof pourra lui enseigner.
Je vous saoule avec Souchon, j’ai mis Bashung dans mes oreilles et je me demande ce que ça va produire, peut-être qu’on me verra dans le Vercors faire du saut à l’élastique.
Bashung, ça me fait toujours rire dès que je pense à lui ou que je l’écoute car ça me ramène à un jour où nous étions à un guichet de banque pour ouvrir un compte et l’employée nous posait des tas de questions qui devaient servir à fiabiliser un code comme, le prénom de jeune fille de votre mère, la marque de votre première voiture et arrive la question, donnez-moi le nom de votre chanteur préféré. Là, on n’a pas le temps de lui répondre qu’elle se met à nous dire que cette question lui plait car elle lui permet de connaître un peu les gouts musicaux de ses clients et elle nous raconte, vous ne savez pas, l’autre jour quand j’ai posé cette question à une cliente qui était jeune, elle m’a donné le nom d’un chanteur qui n’est pas du tout de son époque, je n’arrive même pas à me souvenir de son nom au chanteur, c’est un vieux qui vient de mourir. En cherchant qui pouvait être ce vieux chanteur ringard qui venait de mourir, on avait trouvé que c’était Bashung et elle nous disait, vous encore, je comprendrais, mais ma cliente, elle avait pas l’âge pour aimer Bashung. J’avais renoncé à lui dire qu’on pouvait aimer des chanteurs plus vieux que soi et qu’heureusement que les trentenaires n’étaient pas tous des fans de Mat Pokora et à l’inverse, qu’on pouvait être vieux et aimer Angèle, Clara Luciani et aussi les Beatles et Bashung.
Bashung, ça me fait toujours rire dès que je pense à lui ou que je l’écoute car ça me ramène à un jour où nous étions à un guichet de banque pour ouvrir un compte et l’employée nous posait des tas de questions qui devaient servir à fiabiliser un code comme, le prénom de jeune fille de votre mère, la marque de votre première voiture et arrive la question, donnez-moi le nom de votre chanteur préféré. Là, on n’a pas le temps de lui répondre qu’elle se met à nous dire que cette question lui plait car elle lui permet de connaître un peu les gouts musicaux de ses clients et elle nous raconte, vous ne savez pas, l’autre jour quand j’ai posé cette question à une cliente qui était jeune, elle m’a donné le nom d’un chanteur qui n’est pas du tout de son époque, je n’arrive même pas à me souvenir de son nom au chanteur, c’est un vieux qui vient de mourir. En cherchant qui pouvait être ce vieux chanteur ringard qui venait de mourir, on avait trouvé que c’était Bashung et elle nous disait, vous encore, je comprendrais, mais ma cliente, elle avait pas l’âge pour aimer Bashung. J’avais renoncé à lui dire qu’on pouvait aimer des chanteurs plus vieux que soi et qu’heureusement que les trentenaires n’étaient pas tous des fans de Mat Pokora et à l’inverse, qu’on pouvait être vieux et aimer Angèle, Clara Luciani et aussi les Beatles et Bashung.
C’était le passage amusant de mon billet : Bashung et la banquière.
J’ai fait de mon mieux pour redresser tout ce qui penchait et coincer la bulle au milieu du niveau.
Un simple mal de gorge et je me sens chavirer, je me sens bouchon sur la vague.
Demain, je saute à l’élastique.
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.
C’est une guerre solidaire.
