| Aujourd'hui. 14h04 |
Putain, ça penche
Cinquante jours sans nuances
Cinquante jours sans nuances
C’est un jour avec des mots bonheur.
Le message des facteurs de Verdun glissé dans notre boite aux lettres qui m’a mis les larmes aux yeux.
Le message d’une Bretonne qui m’avait demandé de lui envoyer des masques.
Le message des facteurs de Verdun glissé dans notre boite aux lettres qui m’a mis les larmes aux yeux.
Le message d’une Bretonne qui m’avait demandé de lui envoyer des masques.
Je ne la connais pas mais elle m’avait dit que nous avions en commun l’artiste qui grave grave.
L’artiste qui grave des oiseaux en liberté pour nous garder en vie.
Pour cette ronde d’oiseaux, j’avais décidé de lui faire confiance et de lui envoyer des masques.
Aujourd’hui, elle les a reçus et elle m’a mis un message très touchant me disant qu’elle est étonnée par tout ce que je sais faire, la peinture, la photo, l’écriture mais elle m’explique que la couture, ça lui a un peu coupé le souffle. Elle me rappelle que l’année dernière je m’étais confectionnée une petite veste façon Chanel et que je m’étais amusée à mettre en ligne les étapes de ma réalisation sur Facebook et qu’elle s’était dit, mais elle va nous pondre une merde !
Et puis, non, à la fin, la veste était superbe et elle n’en était pas revenue.
Elle ne l’a pas écrit tout à fait comme ça, mais presque.
Aujourd’hui, elle vient me dire que les masques sont aussi réussis que la veste. C’est ce que j’ai compris et je me suis sentie Coco Chanel pendant quelques secondes.
Ces derniers soirs, on regarde une série britannique et les voitures roulent à gauche et ça m’a fait remonter plein de souvenirs, plein d’impressions.
Les voitures qui roulent à gauche, c’est Sri Lanka ou l'Inde.
Et quand on habitait une partie de l’année là-bas, on roulait à moto, et évidemment on roulait à gauche et les sensations s’arrêtaient là, mais quand des gens venaient nous voir, on louait une voiture et quand on y est retourné l’année dernière et cette année, on avait aussi loué une voiture.
C’est Jno qui conduit car il a son permis sri lankais mais ce n’est pas vraiment la raison car j’ai moi aussi mon permis sri lankais, surtout il est le seul de nous deux à être capable de conduire dans cette jungle et ce danger permanent que représente la circulation à Sri Lanka.
Moi, j’ai juste les sensations et ça suffit pour me rendre hystérique chaque fois qu’il faut faire la route dans ce pays.
Rouler à gauche et avec, par conséquent une conduite à droite m’a rendue sans aucun préjugé quand je monte dans une voiture. Je sais qu’en tant que passagère, je peux m’asseoir aussi bien à droite qu’à gauche et c’est une action qui de ce fait, n’est plus jamais spontanée surtout après ce qui m’est arrivé un jour peu de temps après un retour de Sri lanka.
Je devais aller à une réunion du PS, c’était l’époque où ils existaient encore et un voisin qui allait aussi à la réunion avait proposé de me covoiturer. On ne devait pas dire covoiturer à cette époque, il était donc passer me prendre et était sorti de sa voiture pour sonner à la porte. Je précise qu’il était sorti de sa voiture car sinon, y’aurait pas d’histoire à raconter. Et quand nous sommes arrivés à sa voiture, je suis montée direct dedans pour m’installer et là, j’ai entendu le mec assis à côté de moi, me dire, tu as envie de conduire ma voiture ?
J’étais assise sur le siège coté volant.
Une autre fois, c’était à Sri Lanka, en arrivant sur la plage, on s’était rendu compte qu’on avait oublié un truc à la guest house, je ne sais plus du tout quoi, et Jno me dit, je vais y aller d’un coup de voiture. C’était en 95 quand on y était retourné avec Maria et on avait donc loué une voiture pour voyager à trois, une grosse bagnole japonaise en mauvais état.
On n’avait encore pas trop l’habitude de circuler à gauche et on s’était fixé comme règle de ne pas conduire seul et pas la nuit. La nuit, ça reste une règle vingt-cinq ans plus tard.
On n’avait encore pas trop l’habitude de circuler à gauche et on s’était fixé comme règle de ne pas conduire seul et pas la nuit. La nuit, ça reste une règle vingt-cinq ans plus tard.
Là, c’était une petite distance et Jno y va donc seul.
Quand il revient, je lui demande si tout s’est bien passé et il me dit, oui. Et il ajoute un peu penaud, je me suis fait bien peur quand-même, quand je me suis installé pour démarrer, y’avait plus de volant et je me suis dit, putain, je me suis fait voler le volant !
Quand il revient, je lui demande si tout s’est bien passé et il me dit, oui. Et il ajoute un peu penaud, je me suis fait bien peur quand-même, quand je me suis installé pour démarrer, y’avait plus de volant et je me suis dit, putain, je me suis fait voler le volant !
On en rit encore.
Je repensais à ça hier soir en voyant des voitures rouler à gauche dans ma série policière.
Ça m’a refait rire alors que la série n’est pas drôle et après j’avais perdu le fil et j’ai dû demander à Jno qui était qui et avait fait quoi.
Je ne lui ai pas rappelé le vol du volant.
J’ai l’impression d’avoir fait une très grosse digression, je suis loin des masques et des cinquante jours sans nuances.
Goldman dans les oreilles
Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas
C’est pour Etienne.
Putain, ça penche
Cinquante jours.
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.