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| Aujourd'hui 14h33 |
Putain, ça penche
C’est dimanche
Et on dirait que c’est pire le dimanche
C’est dimanche
Et on dirait que c’est pire le dimanche
C’est la faute de la rime.
Il pleut, c’est la première fois qu’il pleut depuis qu’on est rentré en France.
On est allé se balader entre deux averses sous un petit rayon de soleil.
Je fais remarquer à Jno que ça pue. Il fait un effort et inspire à fond en se concentrant et me dit, oui tu as raison, ça pue, même moi, je le sens.
Je lui explique que ce sont les crottes de chien qui puent. Ça fait un mois qu’elles se dessèchent sur le sol des rues et là, avec les deux nuits successives de pluie, elles se sont réhydratées. Jno m’écoute et me dit, tu crois ? Oui, je suis tout à fait certaine, ça sent la vieille crotte de chien réhydratée.
On a discuté encore sur quelques mètres de ce phénomène, on s’est même penché sur un spécimen et puis on n’y a plus pensé.
Ça ne devait plus sentir.
Ça ne devait plus sentir.
C’était inintéressant mais moins angoissant que d’évoquer mes fantômes.
Une armée en embuscade qui se manifeste et vient me dire, on pense à toi, on ne t’oublie pas, on vient gratter tes croutes.
Une armée en embuscade qui se manifeste et vient me dire, on pense à toi, on ne t’oublie pas, on vient gratter tes croutes.
L’armée doit être désœuvrée alors elle se souvient qu’il y a des croutes à gratter et cette semaine, ils s’y sont tous mis comme pour une opération commando.
Ils ont gratté par mail, par téléphone et par Messenger.
Un jour, je n’aurais plus de croutes, ils gratteront dans le vide.
Hier soir, j’ai bu un whisky.
Quand on est parti se promener, Jno m’a dit, même si c’était la fin du monde, autant le prendre avec le sourire et continuer à être heureux jusqu’au bout.
J’ai Lomepal dans les oreilles.
Tout est tellement joli près de toi
Pourvu que les grains du sablier se coincent
J'ai enfin vu le vrai moi près de toi
Merci pour ça
Tout est tellement joli près de toi
Pourvu que les grains du sablier se coincent
J'ai enfin vu le vrai moi près de toi
Merci pour ça
Pourvu que les grains du sablier se coincent
J'ai enfin vu le vrai moi près de toi
Merci pour ça
Tout est tellement joli près de toi
Pourvu que les grains du sablier se coincent
J'ai enfin vu le vrai moi près de toi
Merci pour ça
Ça me fait penser qu’hier j’ai mis un message à un copain pour prendre de ses nouvelles et de sa famille et j’ai écrit trop vite que j’espérais que son père allait bien. J’aurais dû avoir un doute en lui parlant de son père mais les dernières images que j’avais en tête étaient tellement optimistes que la question est venue spontanément.
Mais son père était mort et je l’avais oublié.
Cela aurait pu être gênant si Claude n’était pas le genre d’ami à venir vous excuser avant de vous reprocher quoique ce soit. Et hier, c’est ce qui s’est passé, il m’a expliqué pourquoi j’avais pu oublier que son père était mort.
Il est marrant, je l’ai toujours connu expliquant tout, je crois que ça le rassure.
Lorsque j’avais seize ans, il m’avait expliqué comment je devrais me comporter pour garder Jno pour la vie. Lui, à vingt-quatre ans, il se posait en grand spécialiste du couple et je me souviens qu’il m’avait dit, il faut l’étonner. Chaque soir, il doit être dans l’émerveillement et par exemple, si tu fais une choucroute, tu dois t’habiller en Alsacienne.
Il avait dû prendre d’autres exemples mais c’est l’image de l’Alsacienne qui est restée et je la vois chaque fois que je mange une choucroute.
En y repensant, je crois qu’il n’avait parlé que de la coiffe d’Alsacienne, son idée était précisément que je ne sois pas habillée.
Les années soixante-dix étaient impitoyables et insouciantes comme nous, c’était Les valseuses tous les jours.
Putain ça penche
Mais tout est tellement joli près de toi
J’ai enfin vu le vrai moi près de toi
Contre toi blotti
C'est la plus belle manière de partir
Bien sûr la douceur de tes doigts m'aide
Bien sur le son de ta voix m'aide
C'est la plus belle manière de partir
Bien sûr la douceur de tes doigts m'aide
Bien sur le son de ta voix m'aide
Merci pour ça
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.
