| Aujourd'hui. 15h47 |
Putain, ça penche.
C’est Pâques.
C’est Pâques.
Pâques ne changera rien, c’est une photocopie de la journée d’hier, de celle d’avant d’hier et des autres, c’est toujours une journée de merde.
J’ai dit à Jno qu’il fallait faire des projets, qu’il fallait imaginer des choses qu’on ferait quand on se sortirait de cette mélasse et je lui ai dit, tu devras m’appeler « petit chou ». Il m’a dit, ce n’est pas un projet ! C’est juste une idée et en plus c’est totalement idiot, je ne vais pas t’appeler comme ça. Je lui ai expliqué que c’était un projet, complètement extravagant mais que c’était nécessaire. Il fallait que dans quelques années, quand il m’appellerait « petit chou », ça ait l’air absurde, mais bien moins absurde que la situation d’aujourd’hui.
Il faut aller vers le plus pour sentir le moins plus tard.
Pencher beaucoup aujourd’hui pour pencher moins demain
Pencher beaucoup aujourd’hui pour pencher moins demain
On est resté sur ce « petit chou » et il n’a pas dit non.
J’espère qu’il va vite m’appeler « petit chou ».
J’espère qu’il va vite m’appeler « petit chou ».
Après on s’est dit que les trois mois de voyage n’avaient été qu’une fenêtre dans nos douleurs, mais qu’on avait eu cette fenêtre et qu’il faudrait toujours se souvenir combien nous avions été heureux.
J’ai dit à Jno quelque chose que je ne lui avais jamais dit avant, pas par pudeur, simplement que cela ne m’était jamais apparu aussi évident.
Quand ça penche, il ne dit rien d’inutile, il rassure.
Quand ça penche, il sait faire, il est même brillant.
Je lui ai dit et il m’a répondu, oui, je crois que je sais mieux gérer les situations critiques que la vie banale de tous les jours où je dois être assez ordinaire.
Je lui ai confirmé qu’il pouvait effectivement être ennuyeux.
La chance, c’est que notre vie a rarement été banale et fade et qu’il a donc plus souvent eu l’occasion d’être brillant qu’ordinaire.
J’écoute beaucoup de musique et il y a parfois des phrases qui résonnent, des mots qui semblent être là juste pour la phrase que j’écris.
Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles
Mes enfants me manquent, les grands, les petits et mon absente.
Sur mon manque, je mets mon nez rouge.
Je ris.
Je ris.
Je pleure.
Putain, ça penche
On voit le vide à travers les planches.
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.
C’est une guerre solidaire.