| Aujourd'hui. 14h40 |
Putain, ça penche
Aujourd’hui c’est plus que de pencher, c’est que la planche est étroite.
Je vais marcher en posant un pied l’un devant l’autre comme pour un défilé de mode.
Ce sera une fin élégante.
Je ne reçois plus de mails.
Jno me dit, ah bon ?
Je lui dis qu’ils ont dû tout se dire, que c’est fini.
Jno me dit, ah bon ?
Je lui dis qu’ils ont dû tout se dire, que c’est fini.
Il rigole.
Mon téléphone a sonné puis n’a plus sonné. C’était mieux comme ça car de toute manière je n’aurai pas répondu.
C’était une erreur, c’était une relation qui était une erreur.
C’était une erreur, c’était une relation qui était une erreur.
Tous ces gens qui viennent soudain me dire que je suis toujours dans leur carnet d’adresses en m’envoyant des signes comme si cette période tragique conduisait à des actes insensés ou des actes manqués, tous ces gens me donnent des claques que je reçois encore et encore.
Ma matinée s’est passée à attendre.
Je me suis dit que je n’avais pas fini mon temps d’attente, qu’il fallait être tellement patiente, tellement prudente, tellement aimante.
Les mères attendent toujours un enfant.
C’est ce que j’appelle le mal de mères.
Je me suis dit que je n’avais pas fini mon temps d’attente, qu’il fallait être tellement patiente, tellement prudente, tellement aimante.
Les mères attendent toujours un enfant.
C’est ce que j’appelle le mal de mères.
Les mères sont plurielles, c’est ce que j’ai appris.
J’attends qu’on m’adopte.
Le quotidien n’a pas eu de prise sur moi, je n’ai rien cuisiné, je n’ai rien fait.
J’ai attendu.
On est longtemps quelquefois
L'un devant l'autre comme ça
Tes bras font le tour de moi
Et tu me serres, et j'aime ça
J'aime ça mais ça ne dure pas
On ne peut pas rester serrés comme ça
Toujours, puis il faut que tu t'en ailles
L'un devant l'autre comme ça
Tes bras font le tour de moi
Et tu me serres, et j'aime ça
J'aime ça mais ça ne dure pas
On ne peut pas rester serrés comme ça
Toujours, puis il faut que tu t'en ailles
Et c'est l'horrible bye-bye
L'atroce bye-bye
L'horrible bye-bye
L'atroce bye-bye
L'atroce bye-bye
L'horrible bye-bye
L'atroce bye-bye
Hier, on s’est battu avec Netflix pendant une heure et demi.
Netflix s’était bloqué sur la langue d’origine de la série. Pour une série en anglais, c’était en anglais et c’était déjà fatigant en fin de journée l’idée de se taper une série en anglais mais nous, on voulait regarder une série suédoise. C’était plus qu’un exercice fatigant même pour Jno qui pourtant se familiarise avec le suédois depuis un an, en faisant les traductions de tout ce qui nous arrive par les journalistes suédois pour les adoptions illégales.
On s'est battu jusqu'à 22h30 après une très longue recherche à grand coups de télécommande vers le décodeur.
On s'est battu jusqu'à 22h30 après une très longue recherche à grand coups de télécommande vers le décodeur.
Et puis on a give up comme on dit en anglais (j’aime bien l’expression anglaise) et on est monté à l’étage un peu penauds et surtout déçus de la soirée de merde qu’on s’était tapée.
Je n’avais pas envie de m’endormir sur une défaite face à une machine et je me suis mise sur mon laptop (j’ai décidé moi aussi de parler dans une langue étrangère comme Neflix) et je suis allée fouiller sur le site Netflix et sur mon compte. Là, ça semblait plus simple de donner l’ordre de passer en français et j’ai tenté la manip avec tout de même la trouille de déconnecter tous mes abonnés du compte familial.
Et puis j’ai dit à Jno, je crois que j’y suis arrivée, en tout cas, sur mon compte, ça parle en français. Il a senti que c’était important pour moi de m’endormir sur une victoire plutôt que sur un give up, et il m’a dit, viens, on redescend et on va vérifier sur la téloche que ça nous parle en français.
Et puis j’ai dit à Jno, je crois que j’y suis arrivée, en tout cas, sur mon compte, ça parle en français. Il a senti que c’était important pour moi de m’endormir sur une victoire plutôt que sur un give up, et il m’a dit, viens, on redescend et on va vérifier sur la téloche que ça nous parle en français.
Et tout fonctionnait parfaitement.
J’ai senti que Jno, il pensait, elle est balaise, elle a rien lâché et elle y est arrivé.
On avait passé une vraie soirée de merde mais finalement on s’est couché super content.
Ça penchait moins.
Comme quoi.
Comme quoi.
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.
C’est une guerre solidaire.