jeudi 7 mai 2020

Jeudi 7 mai. Cinquante deuxième jour.

Aujourd'hui. 14h44. Le tissus acheté au Laos pour refaire mes coussins. Ça va attendre.

Putain, ça penche
Pas trop, ça va encore.

Même si tout le monde parle de la deuxième vague, moi ça me gonfle de déjà évoquer le pire sans avoir pris un coup de meilleur.
Ça me fait penser au tsunami à Sri Lanka quand on y était allé juste après et que les gens nous disaient, ce n’est pas la première vague qui nous a fait du mal, c’est celle du retour quand l’eau est repartie dans l’autre sens.
Ils parlaient de la deuxième vague.
C’était horrible.

Hier je lisais un roman et cet extrait de  « Sur l’écriture » de Bukowski :
« Fallait que j’oublie cette journée. Perdu dix dollars au champ de courses aujourd’hui. Quelle chose inutile. Ferais mieux de me fourrer la queue dans un crêpe au sirop d’érable » et je me suis dit, tiens je vais faire des crêpes demain, ce sera un moyen d’oublier cette journée qui s’était terminée par une discussion très déprimante et très perturbante.
Je me suis dit, Bukowski me donne une envie de crêpes, c’est une drôle d’excuse  pour bouffer des crêpes.
J’ai pas de sirop d’érable, on prendra du Nutella.

Cet après-midi, le premier ministre va parler du déconfinement. J’ai peur de ce qu’il va dire, de l’inquiétude qu’il va balancer et qui se traduira par des demandes de masques.
Je suis proche des deux cents.

Je ne pense plus qu’à repartir, je me dis que la vie va forcément reprendre, que l’on ne va pas nous obliger à mener une vie de rats pour le restant de nos jours et qu’on va bien finir par nous dire qu’on a le droit de reprendre nos libertés, nos habitudes et qu’on pourra tailler la zone.
Je ne pense plus qu’à ça.
Tailler la zone.
Peut-être que si l’aéroport est à moins de cent kilomètres, c’est envisageable ?

C’est une journée vide comme souvent en ce moment, une journée où mon esprit est parti ailleurs, sur des mots que l’on ne peut dire.

Des airs d’opéra dans mes oreilles

Non so piú cosa son, cosa faccio
Or di foco, ora sono di ghiaccio
Ogni donna cangiar di colore
Ogni donna mi fa palpitar.

Putain, ça penche
Prends garde à toi

On est aujourd’hui.
On va aller à demain.

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