| Aujourd'hui. Le voisin. |
Putain, ça penche
Ce matin, la mauvaise humeur était lourde et collante.
Ce matin, la mauvaise humeur était lourde et collante.
Je dis à Jno, j’ai envie de rien.
Il me répond, ça tombe bien, je ne vois pas ce que j’aurais pu te proposer. Tu es dans de bonnes dispositions pour démarrer la journée.
Je suis montée à l’étage, la musique hurlait par les fenêtres d’en face et un chat me regardait. Le voisin a baissé les hurlements de la musique et est venu discuter au-dessus de l’impasse, le chat nous observait.
C’était Naples, c’était sympa.
Le voisin est une version française de Rainman, il peut tourner en boucle pendant des heures, hurler sur la musique en passant l’aspirateur et soudain vous sortir une phrase pondue par un QI à 250.
Ce matin, il en avait marre comme tout le monde, il avait envie de rien lui non plus.
Je n’ai pas osé lui répondre qu’il était dans de bonnes dispositions pour démarrer la journée.
Y’en a d’autres qui avaient dû trouver le week end un peu long, onze mails de mes fantômes familiaux m’attendaient dans la boite mail. Moi qui m’étais imaginée qu’ils s’étaient tout dit, j’avais déconfiné un peu trop tôt.
Je pense aux orphelins roumains, ceux qu’on ne prenait jamais dans les bras, ceux qui restaient toute la journée pendant des mois dans leur lit et qui à force de ne recevoir aucun câlin, aucun baiser sont devenus des enfants cabossés.
Leur cabosse était irrécupérable, ça avait duré trop longtemps.
Je pense souvent à eux, j’en ai connu un qui n’a pas dérogé à l’histoire, un petit garçon difficile, un ado voyou, un adulte alcoolique et délinquant.
L’histoire d’une vie foutue dès le départ parce qu’il avait manqué des câlins.
Comme la journée démarrait très difficilement en pensant aux orphelins roumains, j’ai appelé des copines et c’est Lyseth qui m’a redonné le sourire et l’envie de vivre.
Comment dire le courage de Lyseth. Elle a des mots ancrés à la terre, des mots qui ne sont pas mâchés et qui simplifient la relation. Elle me dit qu’elle pense tout le temps à ce qu’Etienne ne vivra pas, que ce soit les moments dramatiques de l’épidémie mais aussi la naissance de son fils. Il n’est plus là, c’est tout.
Comment dire le courage de Lyseth. Elle a des mots ancrés à la terre, des mots qui ne sont pas mâchés et qui simplifient la relation. Elle me dit qu’elle pense tout le temps à ce qu’Etienne ne vivra pas, que ce soit les moments dramatiques de l’épidémie mais aussi la naissance de son fils. Il n’est plus là, c’est tout.
Elle le dit comme elle le pense et c’est libérateur.
Je lui dis que je me cogne tout le temps à Etienne.
Elle me dit qu’elle le sait mais que ça va aller.
Je penche et elle me dit, Véro, ça va aller.
La promenade du début d’après-midi a permis de confirmer l’hypothèse de la crotte de chien réhydratée qui pue. Jno me dit, on est sur le circuit des chiens.
Il pleuvait et ça a pué du départ à l’arrivée.
J’ai Souchon dans les oreilles, Le baiser.
Je me laisse aller sur un baiser osé sur mes lèvres déposé
Mais rien ne remplace :
Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien
Si tout est moyen, je me dis que c’est forcément bien.
Putain, ça penche
Lyseth et Lina m’ont dit qu’on allait tout redresser.
Ça va pas, mais ça va aller.
On est aujourd’hui.
On va aller à demain.
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